• Ch 2 : Vrahïngué

    Michael avançait d'un bon pas sur les vertes terres d'Antalar, observant au passage les arbres, longeant les ruisseaux clairs et chantonnant sur leurs lits de pierres. Il y avait là de nombreux saules, dont les longues branches touchaient le sol, formant ainsi des cabanes naturelles.
        Au creux d'une vallée, Michael rencontra un troupeau de biches qui broutaient tranquillement l'herbe fraîche. Elles furent effrayées à la vue de l'homme, mais sans trop s'éloigner, lui jetant des regards curieux. Michael rit et se demanda d'où elles pouvaient venir, car il ne voyait pour le moment aucune forêt. Il poursuivit donc son chemin, passant entre les cols des collines tant que faire se pouvait. Mais après avoir croisé les biches, il dut à nouveau gravir la côté de l'une d'elles.
        Il s'arrêta à son sommet pour reprendre son souffle et sut alors d'où provenait le troupeau de biches. A ses pieds s'allongeait une petite forêt, où tous les arbres portaient des feuilles couleur d'émeraude et qui semblaient moelleuses et douces au toucher.
        Intrigué par cette texture, pour le moins étrange pour des feuilles d'arbres, Michael dévala la pente jusqu'à la lisière de la forêt. Le jeune homme s'aperçut alors que les arbres étaient plutôt bas, leur feuillage frôlant souvent ses cheveux bouclés.
        Il hésita un peu à pénétrer sous le couvert des arbres, car il ne faisait pas clair dans ces sous-bois, bien que le soleil répandît à travers les feuilles une lueur d'émeraude. Mais il ne semblait pas y avoir grand-chose à redouter, aussi Michael s'avança sans plus attendre.
        Il faisait frais, et on entendait les oiseaux chanter. Le sol était légèrement humide, et Michael entendit croasser sur sa droite. Après quelques centaines de mètres, il se trouva face à un sol spongieux, et les arbres, au tronc particulièrement épais, avançaient leurs racines loin autour d'eux.

     

      « Je vous déconseille de tenter de traverser ses marécages. »
        Le ménestrel sursauta un fit un tour sur lui-même. Personne.
        Un petit rire se fit entendre. C'était un rire un peu cristallin, très joyeux. Michael leva la tête et eut tout juste le temps de voir un jeune garçon sauter d'une branche et atterrir lestement sur le sol, un grand sourire aux lèvres.
        « Tu m'espionnais ? demanda Michael, souriant à son tour.
        – Pas du tout, j'étais simplement là pour observer les oiseaux et je vous ai vu approcher. Vous n'avez pas l'air de la région. »
        Effectivement, Michael ne l'était pas, et il paraissait déplacé dans cet environnement, à côté de ce jeune garçon tout de vert et marron vêtu, tandis que le ménestrel portaient des vêtements très colorés et voyants, caractéristiques des saltimbanques au Royaume de Bois-Doré. En outre, le jeune Antalarien (Michael n'était pas certain que ce mot fût juste, mais il lui paraissait assez approprié) ne ressemblait pas aux gens de Bois-Doré. Il n'était pas très grand, avait les cheveux courts, d'une étrange couleur, à mi-chemin entre le brun et l'or, et des très grands yeux d'un bleu surnaturel... mais qui devait être très naturel ici, si tous les habitants du Royaume Vert avaient les yeux d'une couleur « surnaturelle ». Peut-être le jeune garçon trouvait-il les yeux de son interlocuteur surnaturels également, ou bien peut-être ternes. Mais Michael ne lui posa pas la question.
        « Je viens du Royaume de Bois-Doré, à l'ouest d'ici, expliqua le ménestrel.
        – Il est plutôt rare de croiser des étrangers, et la plupart d'entre eux sont les Elfes du Nord, il paraît qu'autrefois une partie de leur peuple vivait ici. Mais vous, qu'est-ce qui vous amène ? Vous n'êtes pas un Elfe.
        – Non, je suis tout simplement un Homme, je viens chanter pour les gens de ce pays.
        – Chanter ? Comme les oiseaux, alors ! Cependant, je ne sais si les magiciens d'ici sont comme les seigneurs de votre pays, et s'ils écoutent quelque autre chant que celui des oiseaux. Non pas que nous ne chantions pas, bien au contraire, mais il n'est pas pratique courante que de chanter, ou même danser devant autrui. On le fait pour soi-même, et parfois les autres en profitent.
        – Je le fais aussi pour moi-même, mais là d'où je viens, il s'agit d'un métier que j'exerce aussi pour vivre. Et je viens également à Antalar pour découvrir ce pays que l'on dit merveilleux.
        – De cela je ne peux rien vous dire, je ne connais pas assez votre Royaume pour expliquer les différences avec le mien.
        – Je vois, dit Michael en hochant la tête. Mais il se fait tard, Saurais-tu où je pourrais passer la nuit ?
        – Bien sûr, mais nous devons sortir des bois, car la forêt aussi aime dormir en paix. »
        Sur ces paroles quelque peu étranges, le jeune homme s'engagea entre les arbres sur la droite et Michael lui emboîta le pas.
        « Comment t'appelles-tu ? s'enquit le ménestrel.
        – Vrahïngué. Et vous ?
        – Michael.
        – Etrange.
        – Oui, même chez moi.
        – Ah oui ?
        – Les noms par chez nous ressemblent assez au tien.
        – D'où vient le vôtre, alors ?
        – Aucune idée », répondit Michael en souriant.

     

     


    Dessin et Montage par MJKoP77 © Tous droits réservés
    Image de fond: Libre de droit (source)

     


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  • Commentaires

    2
    Jeudi 21 Août 2014 à 14:42

    Je ne vais pas tout raconter :p

    Contente que tu veuilles savoir la suite en tout cas ^^

    1
    Lady J.
    Jeudi 21 Août 2014 à 14:39

    Hello, hello !!

    Que se passera-t-il après être sorti des bois ?? Où l'entraîne ce jeune homme ;) ?!

    Encore bravo pour le dessin !!!

    Merci pour tes passages "chez moi" ;)

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