• [Mini-HS] Le Chat blanc et le Chat noir

    Sur les conseils de MJKoP, je vous fais partager une petite histoire que j'ai écrite récemment :

    Chez ses maîtres vivait un Chat blanc,
    Qui habitait céans depuis fort longtemps.
    Il avait le poil long et soyeux
    Dont il n'était pas peu fier :
    Il appréciait tout compliment qu'on pût lui faire,
    Car il ne se pensait pas orgueilleux.
    La maison de ses maîtres était son royaume,
    Il y possédait de nombreux trônes.
    Plusieurs fois par jour il prenait ses repas,
    Chose indispensable dans son cas,
    Car il n'était pas indiqué de jeûner
    Pour qui désirait garder un poil lustré.
    Il aimait en outre se pavaner
    Devant ses confrères du quartier,
    Qui jamais ne manquaient de l'envier,
    Admirant sa superbe et sa félicité.
    Un jour d'une promenade de retour,
    Il sentit chez lui une odeur alentour.
    Une odeur étrangère, à n'en pas douter.
    Faisant le tour des lieux, il dénicha l'invité.
    Sous une table se trouvait
    Un petit chat noir
    Dont le contour des os transparaissait.
    Comme il venait de l'apercevoir,
    Le Chat blanc s'approcha et dit :
    « Qui es-tu ? Que fais-tu ici ?
    – Je viens du bout du village, où l'on ma conté
    Qu'un Chat vivait dans le luxe et l'oisiveté.
    Chez moi la vie est dure, je ne suis guère nourri.
    C'est pourquoi je me suis dit
    Que tu accepterais peut-être
    De partager avec moi ta chère et ton logis. »
    Sur ces entrefaites arrivèrent les maîtres.
    Voyant le Chat noir, s'intéressèrent à lui.
    Le Chat blanc les observa avec dépit.
    Le nouveau venu reçut de quoi manger,
    De quoi se désaltérer.
    L'habitué l'observa, désappointé,
    Du dossier du canapé.
    Le Chat noir visita la demeure,
    Prit un peu trop ses aises au goût du Chat blanc,
    Chaque coin, chaque endroit reniflant,
    Mais d'aucun lieu ne prit possession sur l'heure.
    Le Chat blanc le surveillait d'un œil acéré
    Entre deux siestes bien méritées.
    « Les Chats noirs portent malheur » songeait-il.
    Mais les maîtres acceptèrent ce chat si vil.
    Le Chat noir tenta d'entamer la discussion,
    Mais le Chat blanc l'évita avec dédain.
    Le temps finit par en avoir raison,
    Et le Chat blanc se dit qu'il devait bien
    Céder quelques paroles
    A ce Chat pot de colle.
    Il ne semblait en outre pas avoir l'intention
    D'évincer le Chat blanc de la maison.
    Un jour celui-ci attendit,
    Attendit patiemment son repas de midi.
    Attendit très patiemment,
    Comme un général un siège tenant,
    Puis la patience s'éloigna de sa pensée,
    Et impatience devint plus approprié.
    Sur la table perché,
    Il toisa les humains
    D'un regard hautain.
    Mais ces derniers n'étaient par lui pas intéressés,
    Et ainsi passa la journée,
    Sans que nos amis les Chats ne soient nourris.
    Dans l'esprit du Chat le doute grandit.
    Au Chat noir il demanda :
    « Que se passe-t-il d'après toi ?
    – Je n'en ai pas la moindre idée.
    Tout ce que je puis constater,
    C'est que les humains n'ont pas l'air de se soucier
    Le moins du monde de nous donner à manger. »
    Le Chat blanc, pensif, décida de faire un somme,
    Espérant qu'à son réveil les hommes
    Aient arrangé les choses.
    Mais aucune odeur ne vint allécher son nez rose,
    Et il dut attendre jusqu'au matin
    De recevoir quelque rétribution
    Pour sa patience sans fin.
    Il lorgna avec attention
    Le récipient de son voisin
    Qui était aussi (peu) rempli que le sien.
    « Les anciens devraient mourir de faim,
    Songea-t-il, autant que les étrangers ?
    En voilà une logique ! » Et ce faisant
    Il termina en deux bouchées sa ration
    Et vers le Chat noir se tournant,
    Désespéra devant sa lenteur d'action.
    Agacé, le Chat blanc le laissa malgré tout
    En paix pour le moment car après tout
    La pénurie alimentaire
    N'était peut-être que passagère.
    Les jours passèrent, mais l'atmosphère
    Ne s'améliora pas, au contraire.
    Les rations se firent de plus en plus espacées
    Et dans l'esprit du Chat naquit une pensée :
    « Si je me débarrasse de cet importun,
    Je recevrais double ration car les humains
    N'auront plus que ma bouche à nourrir. »
    Il s'approcha du Chat noir avec un sourire.
    « Chat noir, tu vois comme les affaires vont mal ?
    Trouves-tu cette situation normale ?
    – Ce sera toujours plus attirant
    Que ma vie de chat errant.
    – Mais ne crois-tu pas qu'il serait préférable
    Que l'un de nous se sacrifie
    Et ainsi soit fort aimable,
    Laissant à l'autre une meilleure vie ?
    – Je me satisfais bien de celle-ci,
    Puisque c'est moi qui l'ai choisie.
    – Écoute, sais-tu que les Chats noirs portent malheur ?
    – Que veux-tu dire ?
    – Que tu as amené le malheur sur ma demeure.
    – Je ne crois pas saisir.
    – Tu es la cause de notre malchance,
    Tu prends mon territoire, mange ma pitance,
    Cela ne pouvait que finir comme ça,
    J'aurais dû ouvrir plus tôt les yeux sur toi.
    – Mais cela n'a rien à voir ! »
    Se défendit le Chat noir.
    « Tu portes malheur, va-t-en ! »
    S'écria le Chat blanc en montrant les dents.
    Sur l'échine de son semblable il bondit,
    Mais celui-ci l'évita dans un cri,
    Et battit en retraite sous le buffet.
    « Lâche ! cracha le blanc Minet,
    Tu préfères te cacher
    Plutôt que m'affronter ?
    – Je préfère vivre humblement
    Plutôt que pauvrement. »
    Répliqua le Chat noir.
    Du buffet il passa sous l'armoire
    Et finit par se réfugier au jardin
    Où il grimpa dans un arbre afin
    De pouvoir le Chat blanc surveiller.
    On se doute que ce dernier
    N'aura pas hésité à y suivre le premier.
    D'ailleurs leur poursuite continuera encore
    A moins qu'ils ne soient séparés par la mort

    © Texte par Karidyae-MJ - Tous droits réservés

    Voilà, voilà, à méditer.

    Bon, sur ce, une petite image attendrissante, pour donner le contre-exemple (pardonnez la qualité) :

    Il s'agit des deux chatons de Lune d'Argent, un de mes trois chats. A priori, les deux sont des femelles, et sur cette photo elles ont près de 3 mois. Cependant, la petite noire s'est moins bien développée que sa soeur, elle est deux fois plus petite et a du mal à respirer. Il semblerait que la mère se soit moins bien occupée d'elle. En tout les cas, elle va toujours vers sa soeur, jamais vers sa mère. Heureusement, elles ne seront pas séparées puisque je les ai toutes les deux données à une amie, qui les a baptisées Alaska et Méphisto. Je les aurais bien gardées, mais bon, ma mère n'était pas trop d'accord :p

    En tout cas, elles forment très le bien le yin et le yang, d'autant plus que la petite blanche a une tache plus foncée sur la tête et la petite noire une tache blanche sur le poitrail. Et je ferais remarquer que le yin et le yang sont com-plé-men-taires, pas op-po-sés. Donc faut arrêter de vouloir mettre tout le monde dans des cases et de cloisonner les origines, les ceci les cela, en s'en fout mais alors royalement. Evidemment, quand on a un peu de mal avec le cerveau, c'est plus facile de classer, mais en fait c'est complètement erroné comme manière de raisonner (enfin, non, en fait ça s'appelle justement pas raisonner), donc au pire pour ceux qui tiennent à faire des cases, ils ont qu'à faire une grande case pour tout le monde, c'est bien non ?


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  • Commentaires

    2
    Samedi 8 Novembre 2014 à 19:02
    Bonjour, désolée pour ma réponse un peu tardive ^^' Oui, on l'a supprimé comme il n'a pas vraiment décollé, et que c'était juste un petit truc à côté de celui-ci :)
    1
    Mardi 4 Novembre 2014 à 13:27

    Bonjour. Ton histoire est très mignonne.

    J'ai 6 chats, 3 trouvés, 3 que l'on m'a donnés.

    Pour les cases, je suis ok avec toi.

    Amicalement. Dani et ses chats

     

    ps : tu as supprimé ton blog http://plugboard.ek.la/ ?

    lien vu dans le forum et c'est comme ça que j'arrive sur ce blog d'ailleurs  yes

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