• MJ vs Sony

    Acquisition des droits SonyDurant les années 2000 et 2001, Michael Jackson travaillait en studio à la réalisation de son prochain album Invincible qui parut un peu plus tard en Octobre 2001. Néanmoins, sa sortie a été précédée d'un « léger » différend entre Michael et son label Sony. La tension entre les deux était palpable depuis un bon moment déjà. Pourquoi ? Le King of Pop, après le succès de HIStory en 1999, s'était éclipsé afin de mieux veiller sur ses enfants, chose qui rendait son label assez furieux. Après tout, les profits d'une entreprise sont tellement plus importants que le bonheur de trois enfants. De plus, il avait refusé de vendre à Sony son catalogue ainsi que celui des Beatles dont il avait fait l'acquisition auparavant.

    Quelques mois à peine avant la sortie de Invincible, Michael présente son projet de clip pour la chanson « Unbreakable », chanson qu'il dorlotait énormément et avec laquelle il espérait arriver à ses fins. Toutefois, son idée est répudiée, chose qui n'a pu que le mettre dans tous ses états. (Ceux qui connaissent la chanson no)
    J'avais lu une fois que MJ avait également prévu de s'approprier les droits d'Invincible, ce qui lui permettra entre autres d'assurer sa promotion et d'accaparer les profits. Cependant rien de tout cela ne fut possible, l'avocat chargé de représenter MJ dans le deal représentait aussi le Label Sony, ce qui amena à un dilemme, un nouveau conflit pour consolider le différend.

    Tandis que Sony, pour se venger, se refusait de promouvoir le dernier album du King, ce dernier essayait tant bien que mal de faire croître ses ventes à travers certaines apparitions. Ses efforts n'étaient pas vains, il ne tarda d’ailleurs pas à savourer le fruit de son labeur en savourant l’accueil reçu par l'album auprès des fans. Toutefois, la guerre entre MJ et Tommy Mottola, PDG de Sony à cette époque, ne faisait que commencer. Le roi de la Pop d'abord refusa de renouveler son contrat le liant au label en Janvier 2002, puis n’hésita pas à l'accuser de sabotage, à dessein de mettre fin à sa carrière. En effet, la maison y aurait énormément à gagner : MJ, une fois abattu, n’hésiterait pas à vendre son catalogue tant convoité.

    C'est en juin 2002 que Michael Jackson fit une apparition, entouré de ces fans lors d'un événement nommé « Killer Thriller » (Le tueur de Thriller, petit clin d’œil à son album légendaire). Aussi surprenant qu'audacieux, MJ dévoila comme jamais auparavant les détails, jusqu'ici occultés, de sa situation avec son label Sony. Il affirma que ce dernier cherchait à saboter son dernier album Invincible. En effet la promotion de celui-ci a cessé au bout de cinq mois malgré ses bons débuts. On parle là d'un album qui était numéro un dans quatorze pays à travers le monde dont les Etats-Unis, un album qui s'est vendu à plus de six millions d'exemplaires en un peu plus de trois mois. Ces chiffres sont d'ailleurs un record pour une promotion si gringalette.

    Michael ne s’arrêta pas là, il désigna Tommy Mottola  comme étant un « diable » et encouragea ses fans à continuer leur route jusqu'à ce qu'ils en finissent avec lui. Je vous mets d'ailleurs les paroles de Michael traduites, étant plus saisissantes et plus intéressantes à lire. Le discours original est bien sûr dans la vidéo. Je vous laisse donc découvrir cette facette du Roi de la Pop qui suscite beaucoup d’étonnement :

    ''D'abord, permettez -moi de dire cela , je n'aime pas vraiment parler, pas tant que ça. Je préfère passer à l'acte (ou faire des performances) plutôt que de parler.
    Permettez- moi de dire ceci : la tradition des grands interprètes... de... , et je veux vraiment que vous entendiez ce que j'ai à dire... (il était souvent interrompu par les acclamations de la foule), de Sammy Davis junior, James Brown, Jackie Wilson, de Fred Astaire, Gene Kelly. L'histoire est généralement la même. Ces gars ont travaillé très fort en leur métier, mais l'histoire se termine de la même manière. Ils sont généralement déchiquetés, déchirés et habituellement juste tristes, parce que les entreprises profitent d'eux, et ils le font réellement.
    Sony.... , étant l'artiste que je suis à Sony, j'ai généré plusieurs milliards de dollars pour Sony, plusieurs milliards. Ils pensaient vraiment que mon esprit est toujours centré sur la musique et la danse. Il l'est généralement, mais ils n'ont jamais pensé que cet artiste, moi-même, serait un jour capable de les étudier.
    Donc, nous ne pouvons pas les laisser s'en tirer comme ça, avec ce qu'ils essaient de faire, parce que maintenant je suis un agent libre. Je dois à Sony un album de plus, seulement. C'est juste un coffret, vraiment, avec deux nouvelles chansons que j'ai écrites il y a des siècles de cela. Parce que pour chaque album que j'enregistre, j'écris, littéralement, je vous dis la vérité, je vous écris au moins 120 chansons pour chaque album que je fais. Donc, je peux faire le coffret, en leur donnant toutes deux chansons, n'importe lesquelles. (Pour le coffret, je pense qu'il s'agit de The Ultimate Collection. Il est vrai qu'il contient 14 chansons inédites mais 2 d'entre elles le sont vraiment, il y a eu 4 nouvelles chansons et le reste sont les premières versions ''démo'' de certaines de ses chansons)
    Donc, je pars de chez Sony agent libre, possédant la moitié de Sony. Je possède la moitié de l'édition de Sony et je les quitte et ils sont très en colère contre moi parce que je viens de faire de bonnes affaires (good business), vous savez.
    Donc, la façon dont ils vont se venger est d'essayer de détruire mon album. Mais je l'ai toujours dit, vous le savez, l'art, l'art de qualité ne meurt jamais. Merci, je vous aime.

    Et Tommy Mottola est un diable ! Je ne suis pas censé dire ce que je vais dire maintenant, mais vous devez le savoir. S'il vous plaît ne filmez pas ce que je vais dire, ok ? Éteignez ça, s'il vous plaît. Vous savez quoi, vous pouvez enregistrer, je m'en fous ! Enregistrez -le !
    Mariah Carey, après avoir divorcé de Tommy, est venue me voir en pleurant, en pleurant. Elle pleurait tellement que je devais la tenir dans mes bras . Elle m'a dit : « C'est un homme mauvais et Michael, cet homme me suit. » Il traque ses téléphones, et il est très, très mauvais et elle ne lui fait pas confiance et dit qu'il est un être humain horrible.
    Nous devons continuer nos efforts jusqu'à ce qu'il soit terminé. Nous ne pouvons pas le laisser faire cela au grand art, nous ne pouvons juste pas.
    Je voulais juste que vous le sachiez, je vous remercie de tout ce que vous avez fait, vous avez été incroyables.
    Vous êtes si fidèles ! Diana, tout le monde, Waldo, tous les gens d'ici ! Je vous aime tous. Vous avez été incroyables, je vous aime !
    Mais quand même, je vous le promets, le meilleur est encore à venir !''

     

    En plus du stand-up audacieux de Michael, d'autres éléments fort intéressants viennent alimenter ce sujet. En juillet 2002 par exemple, le journaliste américain Roger Friedman affirme dans sa chronique pour le Fox news qu'il tient d'une source fiable un scoop sur T. Mottola. Selon la source, il y aurait une correspondance de ce dernier disant qu'il voulait ruiner Michael Jackson, lui et sa réputation, s'il n'était pas en mesure de s'approprier la totalité du catalogue du King of Pop.

    Malheureusement, la jubilation de MJ fut de courte durée. Il est vrai qu'il sortit vainqueur du duel, ajoutez à cela le fait que T. Mottla fut licencié de son poste, mais le roi de la Pop, quant à lui obéré, se trouvait confronté à de nombreuses dettes.

    Une autre petite anecdote très similaire, en 2003 cette fois-ci, lors de son entrevue avec MJ (vidéo ci-dessus), Ed Bradley lui demande pourquoi est-ce-que son album Number Ones n'avait pas autant de succès. Il répond: ''Mon album est numéro un partout dans le monde, partout dans le monde, répondit Michael, l’Amérique est la seule (où il ne l'est pas) parce que... c'est un complot, je ne peux pas en dire plus. J'en peux plus, je ne veux pas en dire plus.''
    Je rappelle que ces événements coïncident avec l'affaire Arvizo... Sans commentaires...

    La question que vous êtes maintenant en droit de vous poser est : ''Pourquoi cet article ?''

    Je ne cherche pas à stigmatiser Sony, ces événements datent un peu et blâmer le Label maintenant serait un peu farfelu. Je ne cherche pas non plus à outrager la personne de T. Mottola, j'estime qu'il en a entendu assez de la bouche de MJ. Cet article constitue néanmoins une plateforme à travers laquelle on pourra scruter les élucubrations des artistes de nos jours. L'art contemporain, musique ou danse, cinéma ou arts plastiques, un sujet si vaste qu'on pourrait pourtant réduire à deux ou trois locutions dédaigneuses, si dénuées de sens, si arides qui inspirent tant pourtant quand il s'agit de le fustiger. Entre les entreprises, avides de profits, de bénéfices, et les pseudo-artistes dont la soif d'argent n'est point moins ardente, le public, de plus en plus jouisseur, se fait bien escroquer. Il y en a pour tous les goûts ! (Quoique fantasmes serait un mot plus approprié) Pourquoi s'efforcer à faire de l'art de qualité quand un clip de 3 minutes conçu en moins que cela peut rapporter gros ? Des voitures luxueuses dont les prix exubérants croissent à la même vitesse que décline la dignité des charmantes femmes qui accompagnent ou interprètent, voilà tout l’attirail nécessaire pour conquérir le marché du disque, ou encore le monde du cinéma. N'oublions pas de saupoudrer le tout de textes niais, penchant tantôt vers l'indécence qui nous excite, tantôt vers l'idéal qui nous irrite, pour couvrir tous les états d'esprit d'un consommateur épicurien qui, dans son canapé tenant son bol de frites, admire les chefs-d’œuvre de ces parasites, dont l'impudeur sans limite maquille le ''talent'' hypocrite. Pense, médite ! A l'art de qualité qu'il faudrait qu'on ressuscite, aux fourbes qui de toi profitent, aux artistes qui n'ont pas ce que vraiment ils méritent...

     


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